Témoignage actif

En juin dernier, fraichement non-diplomée d’un deuxième échec universitaire et n’ayant toujours pas la moindre idée de ce que j’allais faire de mes cinquante prochaines années j’ai décidé de faire une année de coupure. De coupure utile.

Une amie étant engagée dans un volontariat au sein d’UnisCité et l’idée de fuire, voguant en voilier trois mats n’étant pas très sensée, je me suis penchée sur la question du volontariat.

Le volontariat c’est quoi ?

”Un engagement auprès d’une association, d’une durée comprise entre 3 et 12 mois, ouvert aux jeunes de 16 à 25 ans.”

http://www.madmoizelle.com/jai-teste-pour-vous-service-civique-113097

Après m’être décidée à me rendre utile, il me fallait trouver la structure! Je me suis donc gentiment dirigée vers le site internet prévu à cet effet et… J’ai hésité. Il y avait énormément d’association que je connaissais (ou pas du tout) qui semblaient chouette, et je n’avais aucune idée de mes chances d’être retenu dans l’une d’entre elles.

J’ai finalement été reçue en entretien à l’Afev, où j’avais été bénévole deux ans plus tôt, mais dont je ne savais pas grand chose. Et ils ont bien voulu de moi.

Je suis partie m’aérer, puis l’été passé je suis revenue dans la plus belle ville du monde : Marseille.

Une entrée fracassante dans le monde associatif de l’éduc pop.

L’Afev, l’Association de la Fondation des Etudiants pour la Ville, est le premier réseau d’éducation populaire en France. L’éducation populaire, c’est l’idée qu’on n’apprend pas qu’à l’école, et qu’on apprend pas que des professeurs et/ou de nos parents.

http://www.afev.org/index.php?page=fr_qui_sommes

Je devais commencer le 15 septembre. 15 jours après les autres volontaires.

Je n’avais pas la moindre idée du nombre de personnes avec qui j’allais travailler, de comment ça allait se passer ”concrètement”. Evidemment j’avais signé une fiche mission qui me permettait de comprendre que je ne serai pas toujours au bureau et que mes missions seraient plus que variées, mais je restait dans le flou.

J’intégrais donc une équipe (merveilleuse) déjà formée, mon côté sauvage me disait ”c’est pas grave s’ils sont déjà potes et qu’ils ne m’aiment pas je n’ai besoin de personne” et mon côté enfant me disait ”je ne vais pas y survivre”.

Je n’avais jamais travaillé dans un bureau, je n’avais jamais travaillé avec des groupes d’enfants, je n’avais jamais du ”gérer une équipe”.

Un accompagnement rassurant

Aucun de mes collègues n’a le même parcours scolaire que moi, en fait aucun de mes collègues n’a le même parcours scolaire tout court. (Nous représentons la diversité des personnes que nous accompagnons.) Certains ont une expérience associative parlante, certains connaissaient déjà l’Afev par coeur, nous sommes tous arrivés assez inégaux face à cela. C’est pourquoi l’année de volontariat a commencée par une intense phase de formation.

Nous avons eu le temps d’apprendre à nous connaitre, à connaitre le fonctionnement, les dispositifs et les missions de l’association, l’organisation de nos temps de travail, nos droits et nos devoirs. Nous connaissions pour la plupart peu voire pas Marseille, alors nous nous sommes promenés, une formation au Café, une formation à la Plage, une dans un Parc… Une de trois jours à la Campagne!

Nous avions été répartis par petites équipes, chacune encadrée par un membre permanent de l’association, notre ”référent” et nous savions qu’il serait toujours là pour répondre à nos questions, les plus bêtes qu’elles puissent être.

Une fois que nos marques étaient prises nous sommes rentrés dans le vif du sujet. Trouver des bénévoles, rencontrer nos partenaires (institutionnels, éducatifs, culturels…) Rencontrer les habitants des quartiers où nous intervenons…

En n’étant pas seuls nous avons su agir, réagir et nous avons vécus des situations dont on ne peut retirer qu’humilité et respect. 

Aujourd’hui je me rend compte que je suis déjà aux deux-tiers du parcours et pourtant j’ai l’impression d’avoir encore tout à faire. 

L’Afev m’a changé.

Les valeurs que j’ai du porter, les jeunes que j’ai rencontré, les actions que j’ai pu mener sous la grande bannière de cette association m’ont permis de me remettre en question, profondément.

Tout cela m’a fait grandir, m’adoucir, m’ouvrir. J’ai (un peu) pris confiance en moi, j’ai appris à assumer mes idées, tout en sachant écouter celles de l’autre, j’ai appris à accepter d’avoir tort (ma mère n’aurait jamais cru que cela se produise un jour).

Mon emploi du temps me permettant d’ajouter des projets à ma fiche mission j’ai pu saisir l’opportunité de créer un dossier de presse, d’animer des séances d’aide au devoir à la bibliothèque municipale, de faire du jardinage, des promenades dans les Calanques, de créer un évènement pour la promotion des associations étudiantes venant en aide aux plus jeunes… je ne me serais jamais attendue à vivre tout ça.

Aujourd’hui je me rend compte que je suis déjà aux deux-tiers du parcours et pourtant j’ai l’impression d’avoir encore tout à faire.

Pourquoi cette aventure est elle formidable ?

Parce qu’on est respecté, valorisé, qu’on se rend enfin compte que tant de portes nous sont ouvertes.

Parce que c’est à la fois l’occasion de rencontrer des gens totalement différents, et avec qui tu as quand même des points communs.

Parce que c’est le temps dont j’avais besoin pour savoir ce que je veux faire du reste de ma vie, parce qu’on se sent utile et vivant, et que je suis certaine que quand j’en parlerai dans dix ans j’aurai toujours autant d’étoiles dans les yeux.

Le Volontariat en service civique existe depuis cinq ans aujourd’hui et j’entend régulièrement des gens se plaindre d’être né trop tôt pour pouvoir en profiter.

Toi qui est encore dans la bonne catégorie, si tu as envie de découvrir le monde associatif, de te rendre utile, de te sentir vivant, prend le temps. Tu ne le regretteras jamais.

Vaincre ou être vaincue

Lorsque j’étais enfant, je me rappelle que si quelqu’un d’autre que mes parents ou mon frère venait chez nous, je me cachais et refusais de dire bonjour. Je n’étais pas mal élevée, je ne cherchais pas à faire mon intéressante, j’étais juste pétrifiée à l’idée de parler à un étranger. Et peut-être que je le serais toujours si je n’avais pas eu la chance de vous rencontrer.

BAVARDE AVEC LES AMIS, MUETTE DEVANT LA CLASSE

J’avais 13 ans. Cette timidité maladive ne m’avait jamais quittée. J’avais appris à discuter avec les gens de mon âge, à avoir l’air à l’aise, un peu trop peut-être, pour cacher ce mal-être que n’importe quel regard déclenchait. Je piquais les expressions de mon grand frère et même certains de ses vêtements pour paraître sûre de moi, pour paraître forte.

Mes professeurs pensaient que je ne répondais jamais à leurs questions parce que je ne savais rien. Ils ne pouvaient pas savoir que même si j’avais toujours la bonne réponse, parler devant mes 25 camarades m’était impossible.

Et un jour, vous êtes arrivée. Vous nous avez répartis par petits groupes pour réaliser des exposés. On devait se lever et présenter nos recherches devant la classe. J’y avais passé plusieurs heures et écrit un tas de pages pour rendre le meilleur travail possible, j’avais espéré pouvoir échapper à l’oral… mais impossible.

Lorsque mon tour de parler est venu, je me suis mise à trembler et à pleurer. Personne n’a compris. Mes camarades ont ri de moi, vous avez dû penser que je faisais du cinéma puisque vous vous êtes empressée de convoquer ma mère.

Quand elle vous a dit que j’avais toujours été extrêmement timide, incapable de prendre part aux conversations des repas de famille, vous avez douté. Mais vous avez fini par comprendre, vous avez réalisé que si j’étais si extravertie dans la cour et si muette lors des interrogations orales, ce n’était pas parce que je refusais de travailler, c’était parce qu’il est beaucoup plus facile de raconter des blagues à ses amis lorsqu’ils n’écoutent qu’à moitié que de prendre le risque de se tromper devant toute une assemblée.

IGNORER OU RATTRAPER ?

Heureusement, vous avez su réagir. Vous avez refusé la pitié, vous avez refusé de faire comme si vous ne saviez rien, comme si cela n’avait aucune importance. Parce que vous êtes une personne investie et altruiste, vous m’avez aidée. Vous ne m’avez pas laissé le choix. Rester dans cette situation n’était pas une option.

À partir de ce jour, j’ai eu l’obligation de venir vous parler, à la fin de chaque cours, pour vous poser une question de grammaire ou pour vous raconter mon week-end.

Je ne pensais pas en être capable. Au début, j’arrivais en cours avec la boule au ventre et les larmes aux yeux. Mais de jour en jour, de semaine en semaine, j’ai pris de l’aisance, j’ai fini par trouver des choses à dire et à la fin de l’année je n’avais presque plus peur de vous aborder.

L’année qui a suivi j’ai décidé de ne pas laisser ces efforts se perdre et je me suis mise au théâtre.

Ça n’a pas été facile, ça n’a pas été miraculeux, mais ça m’a transformée.

LA TIMIDITÉ N’EST PAS UNE FATALITÉ

Je crois que j’aurais toujours mal au cœur avant de parler à un inconnu, que j’aurai toujours les larmes aux yeux avant de prendre la parole au public, mais aujourd’hui je suis capable de faire de nouvelles rencontres et de poser des questions à mes chefs.

Parce que vous m’avez sauvée, parce que, tout en restant à votre place de professeure, vous avez choisi d’aller au bout de votre mission. Vous ne m’avez pas traitée comme une handicapée, car la timidité n’est pas une fatalité. Vous m’avez obligée à agir comme les autres, sachant que ce serait difficile. Vous m’avez donné le courage de franchir un obstacle, j’ai fini par comprendre que je pouvais le faire.

J’aimerais vous remercier une fois de plus d’avoir pris le temps de m’aider, grâce à vous, j’ai fait mes premiers pas sur ce très long chemin et je ferai toujours tout pour continuer à avancer.

Merci au BlogZEP de m’avoir publiée

Ils ont trouvé

J’ai découvert ce week-end un petit peu par hasard un collectif Marseillais, qui met en place depuis quatre ans déjà un événement juste merveilleux nommé « la Trocadance! » 

Ce collectif est composé d’artistes se questionnant sur la valeur de l’Art et souhaitant recréer des liens entre les Créateurs et les Acheteurs. Pour cela, ils ont crée le concept de ce week-end : une exposition de trois jours (dans un des bien trop nombreux bâtiments vide de la rue de la République…), rythmé de concerts et projections de films en partenariat avec la Radio Nova, lors de laquelle le public, muni de post-its, déambule avec la possibilité de faire des offres d’échange pour les oeuvres de son choix.

Une photo contre un repas? Une toile contre une ballade en voilier? Une sculpture contre un an de massages?

A la fin de l’exposition, dans la nuit de samedi à dimanche, les oeuvres seront décrochées et chaque artiste devra choisir contre quoi il décide de troquer sa création.


Pourquoi ça marche? 

Parce que mettre un prix sur une oeuvre est selon moi quelque chose d’extrêmement difficile. Les coûts matériels et le temps passé sur une création sont des choses « chiffrables », mais la qualité? la beauté? l’intérêt? d’une oeuvre ne sont pas des choses que l’on calcule, que l’on fixe.

Il est extrêmement difficile de « budgétiser » une pièce unique, pour cela on va voir « de l’abus » de la part de certains artistes dans les prix fixés sur leurs créations, ou l’inverse, un « manque de reconnaissance » pourra être ressenti si l’enchère proposée pour une oeuvre n’est pas « à la hauteur ». Mais qui fixe la hauteur? Quels « critères » entrent en jeu? Les sentiments? Qui « budgétise » nos sentiments?

Pour cela, j’ai eu le sentiment qu’ils « avaient trouvé ». Qu’ils avaient trouvé le moyen de donner du sens aux enchères artistiques. Sauf qu’ici on n’essaye pas de montrer qu’on à le plus gros porte feuille pour espèrer repartir avec son coup de coeur, on essaye d’être le plus inventif, le plus original, le plus attentionné. On cherche au fond de sa mémoire la petite chose unique que l’on peut proposer en échange de cette pièce elle aussi unique. On espère qu’on touchera l’artiste, qu’on le fera rêver comme il nous fait rêver avec ses créations.

Et j’ai trouvé que ça marchait vraiment car les gens proposaient rarement des objets manufacturés, impersonnels, mais très souvent, un repas fait avec amour, une découverte de la région de leur enfance, un cours de yoga/espagnol/danse…

Ils ont trouvé le moyen de donner du sens aux enchères artistiques en donnant envie aux gens de partager le meilleur d’eux-mêmes avec les artistes qui les font rêver.

Ils m’ont donné envie, ils m’ont donné l’impression d’avoir trouvé la solution.

Le bémol? 

Le vin n’était pas le meilleur que j’ai eu l’occasion de gouter, je m’en fiche.

Le grand saut

Voilà le grand jour. Mon grand jour!

Après des mois à écrire dans le noir, je réunis mes forces, et aujourd’hui je m’expose au Jour.. Soyez gentils avec moi..

-3pages-

Pour la petite histoire, 3pages est un de mes sites préférés. Une pépite de l’Internet.

Crée par David Wong il y a un an et trois semaines, ce site est une invitation à l’écriture régulière où « 3pages », soit approximativement 750 mots est l’objectif journalier. Si vous atteignez cet objectif, vous commencez à créer « une chaine », attention à ne pas la briser par un jour sans écriture! Au fur et à mesure que vous produisez, le site comptabilise vos mots et vous indique où vous en êtes.

Je sais par exemple que j’ai écris « 8 696 mots ou 35 pages » et ça m’encourage à continuer!

Les deux principes de bases sont : L’intime, personne d’autre que vous n’aura accès à vos textes, et La gratuité.

Aujourd’hui David W. propose une nouvelle apparence style « blog » où vous pouvez voir tous vos écrits dans l’ordre chronologique comme si vous les aviez publiés! Sur le site, vous écrivez toujours sur une page vierge dont vous choisissez l’apparence. a promesse que tous vos écrits ne sont visibles que par vous même et un accès totalement gratuit.


Pourquoi ça marche?

Parce que le site est vraiment joli, parce que les textes sont secrets, parce qu’on à pas envie de se prouver qu’on est capable d’écrire 750 mots et qu’on ne souhaite pas voir sa chaine se briser!

Un bémol? 

Si vous ne vous connectez pas pendant plus de 6 mois, votre compte s’auto-détruira, et vous perdez les textes enregistrés sur le site.